Le mythe des dix plaies d’Egypte expliqué par la science !

Le mythe des dix plaies d’Egypte expliqué par la science !

Selon la Bible, Dieu aurait infligé dix plaies successives à l’Égypte pour contraindre le pharaon à libérer les Hébreux. Ces plaies vont de l’eau transformée en sang à l’invasion de grenouilles, de poux et de sauterelles, entre autres. Mais qu’est-ce qui, à l’époque, a pu déclencher un enchaînement aussi rapide de catastrophes ?

Écrit par Manuela France Le 25/11/2023 à 7h00.

Dans le livre de l’Exode (chapitres 7-12), les dix plaies d’Egypte désignent les calamités déclenchées par la colère divine et qui s’abattent sur le royaume de Pharaon. L’objectif est de forcer le souverain égyptien à libérer le peuple hébreu afin que Moïse puisse conduire les siens jusqu’à la Terre promise. Le Nil se transforme en rivière de sang, toutes sortes d’insectes envahissent le pays, les épidémies se propagent et toute la contrée se retrouve plongée dans le noir. Ce n’est qu’au bout de la dixième plaie, la mort des premiers-nés du pays, durant laquelle Pharaon perd son fils, que ce dernier cède enfin, est-il écrit dans cet épisode biblique.

Des catastrophes en série : l’explication scientifique

Nombre de savants ont travaillé depuis ces dernières décennies à tenter d’identifier l’événement climatique historique qui aurait pu causer les dix plaies d’Egypte. Leur point de départ : la célèbre stèle de la Tempête, édifiée sous le pharaon Ahmosis Ier (v. 1580-1558 avant J.-C.), et retrouvée sur le site de Karnak entre 1947 et 1951. Elle décrit des vents effroyables et des inondations qui seraient la conséquence de l’explosion du volcan de Théra, ou Santorin, dans l’archipel grec des Cyclades, entre – 1628 et – 1600. « La tempête a causé l’obscurité dans la région de l’Ouest », nous apprend la stèle.

En 2002, les géologues Gilles Lericolais et William Ryan ont confirmé que l’éruption du Santorin en mer Egée serait, avec le déluge de la mer Noire, l’un des événements géologiques les plus violents à avoir frappé l’humanité. L’éruption s’est produite à environ 700 km au nord-ouest des rivages méditerranéens de l’Egypte. L’explosion du volcan a alors engendré un immense tsunami provoquant des catastrophes en série. Selon leurs calculs, les cendres et particules s’expulsèrent de la bouche du volcan à la vitesse du son, environ 1 000 km/h. Un épais et vaste nuage de poussière a alors atteint la stratosphère. Poussé vers le sud-est par les vents, il a plongé toute la région dans l’obscurité. Voilà qui explique à merveille la neuvième plaie d’Egypte : « Et il y eut d’épaisses ténèbres sur tout le pays d’Egypte pendant trois jours » Les travaux du chercheur américain Daniel Stanley ont établi avec certitude que les cendres du Santorin ont effectivement atteint la région du delta du Nil.

Les eaux du Nil transformées en sang

Passons maintenant à la plus sanglante des plaies : « Et toutes les eaux qui sont dans le fleuve se changèrent en sang », dit le texte biblique. Doit-on imaginer un sacrifice de masse, ou plutôt une coloration rouge des eaux du Nil ? On sait que la teneur élevée en acide sulfurique des particules volcaniques peut oxyder les roches ferreuses du lit du fleuve et donner à l’eau des reflets de rouille. Par ailleurs, d’après le chercheur français Gilles Lericolais, on retrouve autour du Santorin des rhyolites, ces roches formées par l’accumulation de débris de laves acides qui donnent à certaines plages une teinte carmin.CQFD.

L’orage de grêle

Le mystère de la plaie numéro 7, celle des trombes de grêle et de pluie, est éclairci grâce à la recherche météorologique. Les particules volcaniques peuvent constituer des noyaux de condensation provoquant de fortes pluies et des orages de grêle. Après, les plaies s’enchaînent logiquement : l’augmentation brutale de la pluviosité favorise l’invasion d’insectes et de batraciens : « Et les sauterelles montèrent sur tout le pays d’Egypte » (plaie n° 8). Quant à la mortalité du bétail, les ulcères, les épidémies… c’est la faute aux eaux souillées. Les retombées d’un volcan apportent en effet des pluies chargées d’acide qui rendent l’eau toxique. Pour l’épidémiologiste John S. Marr, en découlent des maladies causées par des algues, bactéries, parasites, virus, moisissures, et même des moucherons, comme le Culicoides canithorax. Conclusion des chercheurs : ces calamités en chaîne ont affaibli la région, provoquant de mauvaises récoltes et à terme l’exode… des Hyksos !

Les hyksos ? Là, il y a un problème. Car l’Exode de la Bible concerne bien les Hébreux. Or, les historiens savent avec certitude qu’à partir du XVIIIe siècle avant J.-C., les Hyksos, des envahisseurs d’origine sémite, règnent sur l’Egypte. Vers – 1580, donc après l’explosion du Santorin, leur pouvoir est sévèrement critiqué. Ils sont finalement chassés du pays par un Egyptien, Ahmosis, futur premier souverain de la XVIIIe dynastie. L’épisode a peut-être marqué les rédacteurs de la Bible, qui se seraient inspirés de l’exil des Hyksos pour relater les dix plaies d’Egypte, et pour remplacer leur fuite par l’exode des Hébreux.

La mer Noire, fille du Déluge ?

Les sédiments ont gardé le souvenir d’une terrible inondation

La Recherche – Janvier 2001

Selon de récentes données géologiques, il y a 7 500 ans la mer Noire, alors lac d’eau douce, aurait été inondée par la Méditerranée. Est-ce sur cet événement que se fonde l’histoire biblique du Déluge ? Mythologie et archéologie plaident en faveur de cette hypothèse audacieuse, mais le débat reste ouvert.

Dix mille ans sous la mer Noire

Dix mille ans sous la mer Noire. C’est une histoire qui remonte peut-être littéralement
au Déluge. Car la mer Noire, selon certains géologues, s’est remplie en une fois,

par déversement de la Méditerranée.
L’expédition internationale partie sonder les profondeurs à la recherche d’indices n’était
pas au bout de ses découvertes.

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Les plaies d’Égypte auraient-elles pu correspondre à la réalité du temps ?

25 Septembre 2017
Source : Le Vif/L’Express

Les célèbres punitions imposées à la population du Nil ne sont-elles que des allégories bibliques ou ont-elles au contraire correspondu à la réalité des temps ? Les chercheurs s’orientent de plus en plus vers cette seconde hypothèse…

Pour libérer les Hébreux du joug de Pharaon, Yahvé, par l’intermédiaire de Moïse, déchaîne sa colère sur l’Égypte en lui infligeant dix plaies, racontées dans le livre de l’Exode de l’Ancien Testament. Cette série de catastrophes mène la vie dure aux Égyptiens : raréfaction de l’eau potable, maladies, récoltes désastreuses, famines… Dans quelle mesure ce récit religieux, hautement symbolique, concorde-t-il avec les découvertes de l’archéologie et de la géologie ? 

Lire l’article sur le VIf

Récits bibliques : la science éclaire l’origine des mythes

Un article issu du n°1205 de Science & Vie à retrouver page 64

Entre la génomique, qui étudie la façon dont l’information biologique se transmet de génération en génération, et la Bible, qui raconte l’histoire du peuple juif au fil du temps, la rencontre promettait d’être fructueuse. Et c’est peu dire qu’elle l’est.

Lire l’article sur le site de Science et VIe : https://www.science-et-vie.com/archives/1-les-recits-la-genomique-retrouve-la-trace-d-abraham-17268#dossier-48073

ou Ici

Les criquets, nouvelle plaie d’Afrique de l’Est

Ça M’intéresse – Août 2020 (No. 474)

Les criquets, nouvelle plaie d’Afrique de l’Est

Les Kényans n’ont aucun moyen d’arrêter la nuée qui s’attaque aux arbustes du village d’Enziu, à 200 kilomètres de la capitale, Nairobi. Apparus fin décembre en Somalie, ces insectes ont ensuite envahi l’Ethiopie, l’Erythrée, l’Ouganda, la République démocratique du Congo… Ils prolifèrent à cause d’abondantes précipitations dans la péninsule arabique, qui ont favorisé leur reproduction. Ils ravagent millet, maïs et sorgho, mettant en péril la sécurité alimentaire de la Corne de l’Afrique.

L’impuissance face aux criquets pèlerins !

L’Histoire nous a appris à nous en méfier. En France, des criquets dévastent la Provence en 1613, et la Vienne et la Charente en 1901. Pareil dans l’Ouest américain, entre 1873 et 1879. Déjà, l’Ancien Testament leur attribue la huitième des dix plaies d’Egypte : « [Les sauterelles] dévorèrent toute l’herbe de la terre et tout le fruit des arbres. » Cet épisode de la Bible s’inspire de faits réels, selon le géologue de l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer, Gilles Lericolais. Vers 1645 av. J.-C., l’éruption du mont Santorin, en mer Egée, provoqua des pluies diluviennes, facilitant la multiplication des insectes.

Selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, un essaim d’un kilomètre carré contient 80 millions d’individus et consomme chaque jour la nourriture quotidienne de 35 000 personnes. Or, celui qui a été mesuré au Kenya fait 2 400 kilomètres carrés. Aujourd’hui, l’ONU lance un appel aux dons pour éviter que cette nouvelle plaie d’Afrique de l’Est se mue en désastre humanitaire.

Par l’équipe Ça m’intéresse